Entre le fleuve Comoé et la lagune Aby : le territoire du peuple Abouré.
Le pays abouré se situe au sud-est de la Côte d'Ivoire, dans la région du Sud-Comoé (district de la Comoé). Les Abouré vivent essentiellement entre le fleuve Comoé et la lagune Aby — une zone de forêt humide et de lagunes qui a façonné leur mode de vie : agriculture, pêche lagunaire et commerce.
Bonoua — ɔbɔlʋɔn, « à l'orée de la forêt » — est la plus grande ville abouré par la superficie et la population. Commune du département de Grand-Bassam, elle est irriguée par la Comoé et abrite la lagune Kodjoboué.
Surnommée la « cité de l'ananas », Bonoua a bâti sa réputation sur ses vastes plantations d'ananas — une culture introduite à la fin de l'époque coloniale (1949) et devenue, après l'indépendance, le moteur du développement local (agro-industries comme la SALCI à Ono, la SOCABO et la SIACA). Après un sévère déclin à partir des années 2000, la filière connaît des épisodes de relance. On y cultive aussi le manioc, le palmier à huile et l'hévéa.
La ville compte trois quartiers historiques — Koumassi, Begneri, Bronoukro — et des quartiers périphériques : Tchantchévè au nord-est, Samo à l'est, Kodjoboué au sud-est, Yaou au sud-ouest et Adiaho à l'ouest.
Bonoua est aussi une cité touristique : le sanctuaire Avé Maria à l'entrée de la ville attire des milliers de pèlerins chaque année pour l'Assomption, et la zone industrielle de Samo, sur la route d'Assinie, accueille notamment la production de l'eau minérale Céleste.
Village fondé par le clan Ehè lors de la grande scission du XVIIIᵉ siècle, avec Moossou. Rattaché à la commune de Bonoua en 1990, il forme aujourd'hui son quartier sud-ouest.
Village royal situé à proximité immédiate de Grand-Bassam, fondé par le clan Ehè. Il occupe une place symbolique importante dans la mémoire abouré.
Village à l'est de Bonoua, sur la route d'Assinie, intégré à la commune en 1990. Sa zone industrielle est un pôle économique majeur de la région.
Adiaho (ou Adiao), à l'ouest, dont le chef Otchoumou Kacou fut exilé au Gabon avec Kadjo Amangoua en 1896. Tchantchévè (Tchentcevé), au nord-est, complète les villages de la commune.
Première capitale de la Côte d'Ivoire, où les Abouré cohabitent avec d'autres groupes ethniques, à l'embouchure de la Comoé.
D'autres localités comme Ebrah et Vitré participent à la préservation des traditions et de l'organisation sociale abouré, tout comme de nombreux campements de la zone.